Champagne : l’annus horribilis 2020 n’a été, au final, pas si horrible

Plus de peur que de mal pour le Champagne. L’année 2020 se solde par un fort recul de près de 18% des ventes, mais loin du plongeon de -30 à -40% évoqué à la fin du premier semestre dernier.

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Un bilan 2020 meilleur qu’attendu

Le résultat final est "meilleur que nous pensions", se rassure Maxime Toubart, co-président du Comité Champagne qui faisait ce mardi son bilan annuel. Les ventes se replient en effet de ’seulement’ 18% à 245 millions de bouteilles expédiées dans le monde. Les derniers mois de l’année ont été bien meilleurs que prévu. "Nous sommes redevenus optimistes en septembre après un bon été et fin décembre avec des ventes pendant les Fêtes supérieures aux attentes", explique le responsable.
Les Français se sont attachés à fêter dignement la fin d’année malgré le contexte sanitaire et économique et ce sont les petites bulles qui en ont profité. A cela, il faut ajouter la réactivité des opérateurs : "le click and collect, les livraisons, les ventes en ligne ont été rapidement mis en place", poursuit le responsable qui met également en avant les PGE (prêts garantis par l’Etat).

1 milliard d’euros de perdus pour la filière

Autant de leviers qui ont permis d’éviter "la casse sociale, il n’y a pas eu de faillites en champagne contrairement à ce qu’on entend et les stocks constitués ne sont pas un frein, le champagne étant une denrée qui se bonifie avec le temps". "C’est une année noire", souligne néanmoins Maxime Toubart, "cela représente une perte en valeur de 1 milliard d’euros pour les vignerons et les maisons, soit une chute de 18 à 20% pour un total de 4 milliards d’euros".

L’export devance le marché intérieur, une première

"Pour la première fois depuis des décennies, l’export (-16%) fait mieux que la France (-20% à 114 millions de bouteilles) à cause notamment de l’absence des touristes", précise Jean-Marie Barillère, l’autre co-président du Comité. "Les exportations en Europe continentale (Allemagne, Suisse, Belgique) ont bien résisté", précise le dirigeant avec des baisses comprises entre -5 et -15% tandis que l’Australie affiche un étonnant +14%. Par contre, les trois premiers marchés à l’export du Champagne ont enregistré de fortes baisses : États-Unis (-20%), Royaume-Uni (-20%) et Japon (-28%). Pour 2021, l’incertitude demeure néanmoins et l’écosystème a été fragilisé. "Tout va évidemment dépendre du redémarrage économique, de la réouverture des cafés et des restaurants. Le rebond pourrait être fort et nous avons un stock suffisant pour alimenter le marché", explique Jean-Marie Barillère. Tout dépendra en fait du timing, "on pourra observer ce fort rebond dès cet été ou à la fin de cette année car les Français auront besoin de convivialité", ajoute le responsable. Mais le secteur se veut prudent "et ne pas prendre de risques" en tablant sur une sortie de crise en 2022.

En attendant, le Comité Champagne a confirmé la décision prudente adoptée en juillet dernier d’ajuster le volume de la récolte de raisins pour l’année 2020 afin de répartir les efforts entre les vignerons et les maisons de Champagne. La filière s’est également attachée à poursuivre sa transition environnementale avec zéro herbicide d’ici 2025 et 100% de certification environnementale d’ici 2030.

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